Un peu d'histoireLe matelotage est l'art de travailler les cordes. Sur les anciens voiliers, les cordages représentaient des éléments vitaux pour la réussite des voyages, la survie de l'équipage, du navire et de sa cargaison.Les matelots qui n'étaient pas de quart, en profitaient pour se reposer et se restaurer. Ils passaient leurs moments de liberté dans leurs banettes ou sur le pont du navire. Ils jouaient avec les chutes des cordages usés par le travail dans les poulies, le ragage donné par le roulis du navire. Ils apprenaient ainsi à confectionner des bagues, des tapis, des poupées, des protections pour les espars et diverses décorations et autres jeux en cordage. lorsqu'une corde était dangereusement usée ou cassait suite à un accident, les matelots devaient la déplacer sur sa longueur, la réparer ou la remplacer très rapidement. C'était souvent une question de survie.
|
![]() Noeud de Piton de J-P Perroud
|
||||||||||||
![]() Big Brother sur le lac Léman
Pomme de Touline en chanvre
|
La sangle en cuire, aussi en fibre naturelle et plus souvent en matières systhétique est souvent utilisées pour fixer ou lier des éléments ensemble. On la trouve aussi pour le levage de charges (soulever un bateau).Le bitord est une cordelette en chanvre goudronné utilisé pour calfater les coques des bateaux en bois.
On trouve encore des cordes en fibres naturelles en chanvre ou en sisal (le chanvre se fait rare hihi),
mais la plupart des cordes sont maintenant en fibres synthétiques.
|
||||||||||||
![]() Une de mes réalisations |
![]() Une autre plus simple |
||||||||||||
TerminologieLes cordages modernes sont divisés en deux grandes familles :
Un cordage toronné est composé de trois torons comis en principe de gauche à droite. Le toron est composé de fils de caret et le caret de brins ou fibres. Trois ou quatre cordages peuvent être comis ensemble pour former une aussière et trois ou quatre aussières toronnées ensemble forment un grelin.
Les types
Les outils pour faire du matelotageL'outillage minimun pour travailler les cordages consiste en vos mains avec un bon doigté ainsi qu'un bon couteau.Mais rapidement pour exécuter des travaux plus propre et complexes, vous vous composerez une jolie trousse de matelotage avec des épissoirs, des pinces, une alêne, des aiguilles de différentes tailles, aiguilles à gros chas, une paumelle, un briquet et autres fils à surlier. Quelques outils :
|
|||||||||||||
Pour les vieux cordages en fibre naturelle, il faut y apporter encore un plus grand soin, sinon ils vont pourrir. Il faut régulièrement les rincer à l'eau douce, les huiler ou les cirer avant de les stocker. Eviter le soleil qui va les blanchir avec les U.V. et les rendre cassants.
On peut utiliser la machine à laver (env. 60 degrés) pour redonner de l'allure aux écoutes, drisses qui se sont grisées ou verdies avec le temps. Le résultat est fantastique. Ne pas oublier d'enlever les mousquetons, attention aux dégats de la machine ...
Pour les drisses, par exemple ne pas oublier de laisser un ou deux bons mètres en plus à l'achat, afin de pouvoir régulièrement en couper un petit bout en bout pour décaler les points de ragage (passages dans les poulies du pont et dans le mât).
Pour les cordes non surliées, vous verrez très rapidement leurs extrémités s'éffilocher et ces cordes seront rapidement inutilisables ou représenteront un danger lors de la navigation.
Sur un bateau, dans la plus pars des cas, un noeud simple au bout de la corde ne sert à rien, il est trop gros et vous ne pourrez plus passer ce cordage dans les poulies ou pourra se bloquer dans un taquet et peut-être mettre votre bateau en péril. (Un matelot a toujours avoir un couteau sur lui !)
Il faut donc pratiquer une surliure, de toutes façons pour les cordes toronnées et rapidement pour les cordes tressées.
Avant de couper une corde avec un couteau, entourez l'endroit à couper avec du ruban adhésif sur
quelques centimètres, puis couper au milieu. C'est le minimum que vous puissiez faire.
Pour les cordes en fibre naturelles cette opération est indipensable. On peu aussi utiliser de la gaine
thermo-rétractable bien adaptée et couper au milieu après.
|
Il faut couper la corde avec une panne plate de fer à souder ou avec un pistolet coupe-corde.
Un vieu couteau chauffé à la flamme va parfaitement !
Ensuite il faut faire une surliure sur chacun des deux bouts. Au mieux, il serait préférable de faire les deux surliures avant et de couper au milieu ensuite. C'est selon le type de cordage. |
Ensuite il faut faire une surliure sur chacun des deux bouts. Le mieux serait de faire les deux surliures
avant et de couper au milieu ensuite.
|
La surliure peut être simple, cousue, en guirelande etc, mais il est certain qu'il faut une surliure, sinon la partie collée par le fer à souder va rapidement se casser sous vos bottes, dans les manoeuvres. Le résultat sera comme si vous n'aviez rien fait et la corde va perdre rapidement un bout ... et se raccourcir. |
On distingue arbitrairement quelques catégories de noeuds que l'on peut classer comme suit:
|
Le noeud simple se fait au bout d'un fil ou d'une cordelette. Il est déconseillé, car il est difficile à défaire. Il est utilisé dans les métiers de la couture, mais pas sur un bateau ou par un mousse débutant ! |
|
Le noeud coulant simple se fait au bout d'une cordelette. Il se fait depuis la ganse. Il est déconseillé, car il est difficile à défaire. Il n'est pas utilisé sur les bateaux ou ... par erreur ! |
![]() |
Le noeud plat est utilisé pour attacher les garcettes lors de la prise d'un ris sur
la grande voile. C'est un noeud peu fiable, à éviter. |
![]() |
Le noeud de vache est une réalisation loupée du noeud plat. Si vous arrivez à ce
résultat, il faut recommencer. Il est trop dangereux et il tient mal. Ce noeud est peu fiable, à éviter. |
![]() |
Le noeud de ris est utilisé avec les bosses de ris lorsque qu'il faut prendre un ris dans la voilure. En fait, c'est un noeud plat avec une ganse. Utilisé aussi pour tenir les voiles ferlées sur la bome ou le pont. C'est un noeud facile à faire et à défaire, même mouillé ou bien souqué. Il est peu fiable et est déconseillé pour d'autres applications. |
|
Le noeud coulant sur noeud de huit se fait au bout d'une cordelette. Il se fait depuis la ganse. Il n'est pas utilisé sur les bateaux ou ... par hasard ! Mais on le retrouve chez le tapissiers ou les tisserands (dans le temps!). |
![]() |
Le noeud d'écoute est utilisé pour rallonger un cordage,
pour frapper une écoute sur une voile d'avant, pour la construction des filets.
Il est aussi utilisé pour hisser une haussière avec une corde un peu plus petite.
ATTENTION ce noeud ne tient pas bien si les cordes ont une trop grande différence de diamètre. |
![]() |
Justement, s'il y a une grande différence de diamètre entre l'oeil et le cordage, vous aurez avantage à faire un double passage autour de l'oeil. Limite très bien le glissement de la petite corde. |
![]() |
Le noeud en huit est utile pour terminer un cordage. Il empêche celui-ci de passer par les poulies et les pontets.
Il se défait facilement et est utilisé au bout des écoutes et des drisses sur les bateaux. Avec le temps, il est diffile à démonter... |
![]() |
Contrairement au noeud en huit, celui-ci est utilisé pour sa boucle. il est facile à démonter, mais on lui préfèrera le noeud de chaise plus facile à défaire et moins gros. |
![]() |
Ce noeud ne devrait pas être utilisé. Il se défait difficilement, mais hélas on le trouve souvent sur les bateaux... |
|
Souvent utilisé pour stocker des cordages sur un câble, par exemple, les filières du voilier, et aussi utilisé sur les cerfs-volants. |
|
Souvent utilisé sur un croc de grue, il ne glisse pas et se défait rapidement lorsqu'il n'est plus sous tension. Plus utilisé de nos jours sur les voiliers. |
|
Un noeud très utile, car la boucle ne se sert pas et il est facile à défaire. Un peu plus difficile à faire. Très utilisé sur les bateaux, en alpinisme et sur les cerf-volant etc. |
![]() |
Un noeud souvent utilisé pour amarrer une barque ou un you-you à un ponton. Ce noeud n'est pas très fiable. Il se souque et il est souvent difficile à démonter ou alors il glisse. On peut l'assurer avec une demi-clé et alors c'est parfait. |
![]() |
Un noeud souvent utilisé pour rallonger deux lignes de pêche, mais aussi pour allonger des cordes |
![]() |
Ce noeud est très solide et se défait très facilement. Il est souvent utilisé pour rallonger la remorque entre deux bateaux. |
|
Simple à faire, ce noeud est utilisé pour avoir une meilleure prise sur un cordage pour tirer ou pour hisser une charge. |
![]() |
Il est utilisé pour tirer sur une corde plus grosse, par exemple pour dégager d'un winch une corde en capellan sur l'avant et en tirant avec un autre winch. Je l'utilise souvent pour fixer ma bâche sur mes filières. |
|
On le trouve souvent pour amarrer une barque à un anneau du ponton.
Ce noeud est très résistant aux chocs. Le tour mort évite l'usure trop rapide du cordage et diminue la force sur le noeud. |
|
Variante de la demi-clé renversée, sous tension est très solide. Utilisé pour le grutage de charges sur les anciens voiliers. Dès qu'il n'est plus sous tension, il se défait rapidement. A utiliser avec attention. |
|
De moins en moins utilisé sur les bateaux et ailleurs, il n'en reste pas moins un noeud anecdotique, que l'on aime savoir faire pour épater les enfants ou les jeunes matelots ... Il fut utilisé pour raccourcir une corde trop longue ou usée en son milieu. Il est nul, car il ne tient que sous tension et se défait très facilement. A utiliser avec précaution ou pour épater la galerie ! |
|
Très peu utilisé, cet assemblabe reste très solide pour deux cordes de diamètres différent.
Souvent utilisé pour les remorquages ou pour rallonger un filin. Facile à faire et défaire.
|
|
Peu utilisé chez les marins, c'est une façon simple de faire un noeud coulant. Utilisé pour ceinture
une voiler sur le pont, fermer les paquets, assembles du foin etc.
Facile à faire et défaire.
|
|
Assez facile à faire, mais peu utilisé de nos jours, sauf dans la chambre de certain jeunes ... pour faire peur aux parents!
|
![]()
|
Epissure de voilier.
Etait pratiquée par le maître voilier sur la ralingue des voiles carrées des anciens bâtiments. On la trouve aussi comme oeil sur les cordes d'amarrage des beaux voiliers. Difficle à réaliser et peu résistante si le travail n'est pas parfait. On ajoutera facilement une passe de plus dans sa réalisation, mais le résultat est plus joli et plus fin que l'épissure carrée. Il faut un bon coups de main et bien rouler et tapper son travail pour le rendre parfait. Nécessite au moins quatre passages et se termine en queue de rat, mais quel beau travail de Jean-Pierre Perroud :-) |
![]() |
Plus solide que l'épissure de voilier. Ne demande que trois passages. Mais nettement moins beau. |
|
L'âme du cordage est introduite dans le corps de la corde avec une grosse aiguille. La tresse est démontée et placée autour du cordage. La surliure renforce le tout. Méthode artisanale, mais très résistante. |
|
Travail d'épissure entre une drisse textile et un drisse en acier. |
|
Normalement cet oeil épissé se fait autour d'une cosse afin de ne pas blesser l'oeil lors de sa mise en traction. Après l'épissure du câble (à la voilière), on pause une toile en coton entre le câble et la surliure. il est très sportif à réaliser et je vous conseil de le travailler avec des gants. |
|
Utilisation d'une épissure de voilier sur un anneau épissé. |
|
Anneau épissé avec une corde en Dyneema. Un surpiquage est nécessaire malgré les deux passages à l'intérieur. Une surliure est pratiquée par certain, surtout si l'anneau est utilisé avec des à-coups, par exemple avec un palan de bôme ou un hâle-bas ou pour tenir une poulie de point d'écoute. |
|
Ce noeud est utilisé pour permettre de lancer une corde plus fine sur un autre bateau ou sur le quai. On peut ajouter un cailloux à l'intérieur, pour le rendre plus facile au lancé. Ensuite, on hisse à bord une remorque de plus gros diamètre. La pomme de touline est donc utilisée pour lancer un cordage sur une bonne distance. On la trouve souvent en décoration sur les porte-clés, mais en petit format. |
![]() ![]() |
Utilisé sur le pont des vieux grééments pour les protéger des poulies qui retombent sur le pont en bois.
Actuellement, on ne le trouve plus guère que sur les panneaux de noeuds ou dans la décoration.
Ce noeud est utilisé actuellement On l'utilise sur les tables des marins pour poser des plats chaud, la cafetière ou
autres plat chaud. Même construction que le bonnet turc, mais mis à plat dès le premier tour. Ce noeud consomme beaucoup de cordage. Pour le noeud ci-contre avec une corde de 6 mm, il en faut 4 m pour faire 3 passages. Il a un diamètre externe de 135 mmm. |
|
Ce tapis est fait avec une corde usée (mais oui, du recyclage! même sur les anciens voiliers). Utilisé sur le pont en bois de vieux bateaux, donne le plus bel effet. Plus la corde est longue, plus le travail est pénible, surtout si l'on souhaite un grand et beau tapis ! Mais le résultat en vaut la peine. En corde de chanvre, le résultat est magnifique, mais alors, il supporte mal les années et l'humidité |
|
Exemple de petit filet de décoration. Le noeud du maillage du filet est un noeud d'écoute (noeud de tisserand). |
![]() |
Cette série de noeuds est utilisée pour raccourcir une cordelette ou pour de la décoration d'un équipet
d'une table, coffre etc.. Le résultat est intéressant et c'est surtout très facile à faire et à démonter ! |
![]() |
Un noeud plus compliqué à faire et à souquer. Mais le résultat en vaut la peine. Il est souvent utilisé pour la décoration intérieur du bateau ou pour protéger un espare contre les chocs. |
![]() |
Un noeud pas très compliqué à faire et qui présente bien. Utilisé autrefois pour tenirle sifflet du bosco ... Actuellement, il est utilisé pour faire des manille textiles sur le bateaux de course. Fait avec des cordages en Vectran ou Dyneema il est très robuste. |
![]() |
Une utilisation de ce noeud en manille textile simple. |
![]() |
Pour construire un jolie chaînette pour faire une décoration de porte clés, le noeud plat de macramé (Solomon bar) est idéal et donne un bel aspect. |
![]() |
Le noeud infini ou noeud Tibétain qui représente l'infini, la perfection et la grandeur de l'univers.
Il est l’un des huit symboles du Bouddhisme tibétain.
Un joli et intéressant travail de sculpture ! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
L'auteur.
|
La page "Matelotage" de
Jean-Pierre Perroud est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported. |